En Inde, les industries polluent l’eau en toute impunité

Amnesty international vient de publier un rapport sur la pollution de l’eau et de l’air liée à un projetde mine de bauxite et d’extension d’une usine de traitement de l’aluminium dans l’Etat d’Orissa, à l’Est de l’Inde. Une affaire qui met en lumière les conséquences dramatiques, pour l’accès à l’eau des populations locales, des grandes exploitations de ce type mises en place par les multinationales avec la complicité active des autorités.


Le rapport d’Amnesty international montre comment l’usine d’aluminium qui existe actuellement a d’ores et déjà entraîné une grave pollution de l’air et de l’eau, qui affecte les communautés locales, dont de nombreux dalits (intouchables) et adivasi (indigènes). Le projet d’extension vise à multiplier par six la capacité de l’usine. A cela s’ajoute un projet de mine de bauxite. Dans les deux cas, les autorités locales ont multiplié les promesses mirifiques mais se sont abstenues d’informer les populations locales sur les conséquences sociales et environnementales des projets.

Télécharger le rapport (en anglais) ou voir le communiqué de presse d’Amnesty France.

La compagnie Vendanta Resources avait été condamnée il y a quelques mois, pour les mêmes raisons pour non-respect des lignes directrices fixées par l’OCDE (un standard non contraignant en matière de responsabilité sociale des entreprises), suite à une plainte déposée par Survival International concernant l’absence de consultation préalable de la population indigène des Dongria Kondh concernant le projet de mine de bauxite, située sur leurs territoires sacrés. Survival a encouragé les Dongria Kondh à écrire au réalisateur James Cameron en comparant leur sort à celui décrit dans le film Avatar.

L’Eglise d’Angleterre a également annoncé il y a quelques jours qu’elle allait céder ses participations dans l’entreprise Vendanta Resources en raison des pratiques dénoncées par les ONG.

Parallèlement, dans son dernier numéro, le magazine Down to Earth publié par le CSE de New Delhi rapporte un autre cas de pollution de l’eau d’origine industrielle, impliquant des usines de produits chimiques dans un complexe industriel de l’Etat du Maharashtra. Bien que leur fermeture ait été ordonnée par l’autorité en charge de réguler les problèmes de pollution dans cet Etat, un certain nombre des usines concernées ont malgré tout continué leurs activités, pensant pouvoir compter sur l’appui politique de la Maharashtra Industrial Development Corporation, l’entreprise qui gère le parc industriel et qui est la plus grosse entreprise du Maharashtra.

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