Italie : adoption d’un décret favorisant la privatisation de l’eau

La Chambre italienne vient de sanctionner, en renouvelant sa confiance au chancelier Silvio Berlusconi, l’adoption d’un décret destiné à ouvrir largement le secteur de l’eau à la concurrence.

Le décret, rédigé par le ministre aux affaires européennes Andrea Ronchi, rend obligatoire les appels d’offre pour l’attribution de la gestion de l’eau et limite la participation des collectivités locales dans les sociétés en charge de cette gestion. Malgré les dénis des auteurs du décret, celui-ci a été largement interprété comme une volonté délibérée de privatisation. La cotation en bourse des grandes entreprises italiennes de l’eau a d’ailleurs aussitôt augmenté, et l’on s’attend à ce que les géants mondiaux de l’eau que sont Suez et Veolia en profitent pour acquérir des marchés. Lire ici en français, ici en anglais, ainsi que la couverture de l’affaire par la Stampa.


L’opposition a annoncé le lancement d’une campagne pour obtenir un référendum révocatoire de ce décret, campagne que l’on peut suivre sur le site http://www.acquabenecomune.org/.

L’Italie se caractérise par l’un des taux de pertes d’eau les plus élevés d’Europe. Le prix de l’eau y est aussi l’un des plus bas. Plusieurs tentatives législatives pour améliorer la gestion de l’eau se sont succédées depuis les années 90, notamment la fameuse "loi Galli" visant à renforcer les capacités des collectivités locales dans ce domaine en identifiant les "territoires optimaux" pour la gestion de l’eau, mais qui favorisait déjà la participation du secteur privé. Ce nouveau décret semble entériner définitivement le choix de la privatisation comme solution aux problèmes qui se posent.

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