Les entreprises face à leurs consommations d’eau directes et indirectes... les pays aussi

Le ’Carbon Disclosure Project’ est une coalition d’acteurs politiques, économiques et d’investisseurs mise en place il y a quelques années pour promouvoir la notion d’« empreinte carbone », et encourager les entreprises à calculer leurs émissions et les rendre publiques auprès des investisseurs et des citoyens. Il s’attaque aujourd’hui au problème des consommations d’eau (directes et indirectes), à travers l’envoi d’un questionnaire à plusieurs centaines de multinationales.

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photo mckibillo, creative commons
http://www.flickr.com/photos/jmckible/30272283/

Voir ici sur le site du Carbon Disclosure Project (voir aussi l’article du Guardian, celui du New York Times et celui du portail de l’eau Circle of Blue

Le questionnaire a été envoyé à 300 entreprises transnationales parmi les plus importantes du monde, prioritairement dans des secteurs forts consommateurs d’eau. Y répondre n’a évidemment rien d’obligatoire pour celles-ci, mais le fait qu’il ait été endossé par un grand nombre d’investisseurs institutionnels a évidemment un fort caractère incitatif.

Le questionnaire est divisé en trois parties, la première portant sur la gouvernance de l’eau au sein de l’entreprise et ses relations avec l’extérieur (autorités publiques, fournisseurs), la seconde sur les risques liés à l’eau qui pourraient les affecter, et la troisième sur la mesure des consommations, des usages et pollutions. Les résultats seront rendus publics fin 2010.

Sur le concept d’empreinte hydrique et les difficultés qu’il soulève, lire sur ce site la synthèse « Bilan eau » ou « empreinte hydrique ». L’un des problèmes principaux est que, exactement comme pour le bilan carbone, un tel instrument peut permettre à certaines entreprises de se dédouaner à bon compte des méfaits qu’elles commettent à un endroit en prétendant les "réparer" ailleurs (voir La « conservation de l’eau » selon les multinationales. L’exemple du cas de Coca-Cola en Inde sur le cas de Coca-Cola).

Il a au moins pour mérite de rendre visibles les immenses consommations indirectes d’eau impliquées par la production agricole ou industrielle.

Sur les difficultés à calculer exactement l’empreinte hydrique d’une entreprise, lire ici sur le site du NY Times.

L’empreinte hydrique des pays importateurs

Le caractère révélateur d’un outil tel que le calcul de l’empreinte hydrique ne concerne pas uniquement les entreprises ; il peut aussi permettre de mettre les pays face à leurs responsabilités dans ce domaine, notamment les pays qui recourent massivement aux importations alimentaires (et industrielles).

Au même moment est paru en effet un rapport de la Royal Academy of Engineering anglaise mettant en lumière l’empreinte hydrique du Royaume-Uni et le recours massif de ce pays à de l’“eau virtuelle” (eau incorporée dans les aliments ou les produits manufacturés qu’elle a servi à produire) provenant de pays aux ressources en eau limitées ou menacées.

Lire l’article du Guardian (et ici en français).

À propos d’une recherche similaire sur les consommations d’eau indirectes aux États-Unis, lire ici un reportage de National Geographic.

Lire aussi à ce sujet L’« eau virtuelle » peut-elle répondre aux problèmes de rareté de la ressource ?.

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