Une usine de dessalement pour Londres et le Sud-Est de l’Angleterre

Thames Water, compagnie privée en charge de l’approvisionnement de Londres et de sa région, vient d’ouvrir officiellement sa première usine de dessalement, destinée à sécuriser l’approvisionnement de la capitale britannique en cas de sécheresse.

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photo O.F.E., flickr, cc-by-nc-sa

Lire l’article consacré par le Guardian à cette nouvelle usine.

La construction d’une telle usine de dessalement - commune dans des régions comme Israël, le Proche-Orient ou l’Australie - peut paraître inattendue dans une région du monde qui n’est pas réputée pour son climat sec. Les statistiques tendraient à montrer qu’il y pleut moins qu’à Sydney ou Istanbul. A cela s’ajoute l’effet d’une urbanisation effrénée ces dernières années dans le cadre de la bulle financière.

La construction de cette usine a fait l’objet de vives critiques, et elle avait été combattue par l’ancien maire de Londres Ken Livingstone. Des nombreux experts et organisations de la société civile considèrent que Thames Water aurait pu (et dû) s’attaquer d’abord aux problèmes de pertes et de fuites plutôt que de se lancer dans des investissements coûteux.

Alors que la rareté - certes relative - de l’eau devient une menace réelle pour de larges parties de l’archipel britannique (une sécheresse est annoncée dans le Nord pour les semaines qui viennent), il semble que les entreprises privées de l’eau cherchent à se repositionner vis-à-vis de ce nouveau contexte, certaines comme Thames Water misant sur la technologie, d’autres comme Severn Trent misant sur les transferts inter-bassins (lire Marchés de l’eau ou solidarité nationale ? Vers des transferts inter-bassins au Royaume-Uni ?).

Le directeur des Parcs nationaux d’Ecosse vient d’ailleurs d’abonder dans le même sens en proposant que l’Ecosse vende de son eau à l’Angleterre...

Même si l’usine ne procédera théoriquement qu’au dessalement de l’eau de mer en cas de besoin extraordinaire créé par une situation de sécheresse, quelques observateurs pensent qu’elle pourrait également servir à recycler les eaux usées pour les rendre à nouveau potable - solution privilégiée par Thames Water à l’avenir mais qu’elle n’annoncerait pas franchement par crainte d’effaroucher les consommateurs.

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