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Apple, Nike, Adidas... derrière la pollution de l’eau en Chine, les grandes marques

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Dernière mise à jour : septembre 2011

Au moment où Steve Jobs prend sa retraite d’Apple, le concert de louanges qu’il s’attire ne doit pas faire oublier que le "modèle Apple" est aussi celui de la fuite en avant consumériste, et des atteintes aux droits des travailleurs et à l’environnement qui en sont la rançon. Les sous-traitants d’Apple sont ainsi responsables de multiples pollutions de l’eau en Chine.

Pendant l’été, l’ONG internationale Greenpeace avait lancé une campagne dressant un tableau similaire en ce qui concerne les sous-traitants des grandes marques de chaussures Adidas ou Nike.

MISE A JOUR, 5 octobre : Apple a fini par répondre aux critiques des ONG chinoises et occidentales sur la pollution occasionnée par ses sous-traitants et sa responsabilité à cet égard. Lire l’article de chinadialogue.

Les belles âmes occidentales déplorent volontiers (et avec raison) les graves pollutions qui affectent la quasi totalité des cours d’eaux et des lacs Chinois (lire Le drame de la pollution des eaux en Chine).

Mais c’est oublier que les grandes multinationales occidentales sont souvent directement ou indirectement responsables de cette pollution. Selon le modèle économique dénoncé par Naomi Klein dans No Logo, des entreprises comme Apple, Adidas ou Nike ne fabriquent rien elles-mêmes, mais font appel à des sous-traitants souvent basés en Chine.

Des téléphones et tablettes...

Un groupe de cinq environnementalistes chinoises viennent de publier un rapport mettant directement en cause 27 usines de fournisseurs d’Apple en Chine dans des actes de pollution de l’environnement et notamment des cours d’eaux, du fait du rejet d’eaux usées (y compris directement dans le Yangtze) et de métaux lourds. Pollutions qui se traduisent par des problèmes sanitaires et notamment des taux de cancer élevés dans les zones d’implantation des usines.

Déjà en janvier 2011, ces mêmes ONG avaient publié un autre rapport qui était centré, pour sa part, sur l’exposition des travailleurs dans les usines des sous-traitants à des substances toxiques (voir ici sur ce cas).

Ces ONG notent également qu’Apple est la seule grande entreprise de l’industrie électronique qui ait refusé de participer aux enquêtes de ces ONG et de répondre à leurs interpellations, alors même que ses commandes allaient toujours croissantes du fait de la demande d’IPhones, IPads, etc.

Le site chinadialogue a publié une série d’articles (en anglais) autour de cette campagne. Cet article résume la teneur du rapport ; il est complété par un entretien avec Ma Jun, l’auteur principal du rapport, ainsi que par un papier de cadrage sur la responsabilité environnementale sur les industries électroniques en Chine, qui met lui aussi en évidence le caractère de "mauvais élève" d’Apple de ce point de vue. (En avril dernier, Greenpeace avait comparé les consommations énergétiques des data centers des différentes compagnies comme Facebook, Google, et avait également décerné le bonnet d’âne à Apple.) Enfin, un ultime article les moyens de faire progresser la responsabilité sociale et environnementale des entreprises internationales opérant en Chine.

Le rapport proprement dit est disponible en anglais (et en chinois) ici.

On peut aussi lire cette synthèse en français.

... aux chaussures

Plus tôt au cours de l’été 2011, Greenpeace avait lancé une grande campagne internationale "Detox" sur la pollution de l’eau occasionnée par les sous-traitants de diverses marques bien connues de textile, dont notamment les "fabricants" de chaussures Nike, Adidas et Puma.

Cette campagne était appuyée sur un rapport (en anglais) intitulé Dirty Laundry qui pointait notamment les pollutions engendrées par deux complexes industriels textiles dans le delta de la Rivière des Perles et dans celui du Yangtze, fournisseurs de nombreuses marques européennes et nord-américaines (outre Nike, Adidas et Puma, Lacoste, Calvin Klein, H&M...). Leurs opérations occasionnent notamment de fortes pollutions chimiques susceptibles d’entraîner des perturbations endocriniennes chez les organismes qui vivent dans les eaux polluées ou les consomment.

Suite à cette campagne, Nike, Puma, Adidas ou encore Lacoste se sont engagés à obtenir à terme de leurs fournisseurs une politique de "zéro rejet".

Ce premier rapport a été complété très récemment par un second (Dirty Laundry 2 qui fait état de traces de produits chimiques sur les vêtements de marques vendus dans les magasins du monde, produits qui se retrouvent ensuite dans les réseaux d’eau après passage en machine à laver. Voir ici sur le site de Basta !

Site de la campagne : http://www.greenpeace.org/detox/ (et en français sur le site de la campagne Océans de l’organisation).