Vers un "pic du phosphore"

Le magazine scientifique Miller McCune annonce, d’ici une ou deux décennies, un "pic du phosphore" encore plus problématique que le pic pétrolier. Solutions : limiter les gaspillages (d’ailleurs dommageables pour l’environnement) qui prévalent actuellement dans le secteur agricole ... et recycler l’urine humaine.

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Mine de phosphate en Tunisie
photo Stefan Gara, Creative Commons

L’article est lisible ici.

Comme le pétrole, les phosphates (dont est issu le phosphore utilisé en agriculture) est le résultat d’un processus de transformation de matière organique sur des dizaines de milliers d’années. C’est une ressource fossile non renouvelable, dont les réserves s’épuisent rapidement au niveau mondial. (L’île de Nauru dans le Pacifique est connue pour avoir été totalement dévastée du fait de l’exploitation de ses réserves de phosphates, aujourd’hui épuisées.)

Contrairement au pétrole, le phosphore n’a pas de substitut, et la régulation de la filière au niveau international est quasi nulle. Il est aussi très loin d’attirer autant d’attention de la part des médias, des politiques et des citoyens.

Miller McCune fait état de nouvelles études suédoise et australienne qui annoncent l’épuisement des réserves de phosphates d’ici 50 à 100 ans. Pire encore, le "pic", moment où la production deviendra insuffisante pour satisfaire la demande mondiale, est annoncé pour 2030 - et encore, à condition que des régions du monde comme l’Afrique, dont la consommation de phosphore reste faible, ne se mette pas de la partie. (Certains scientifiques estiment d’ailleurs que ce pic est déjà passé.)

Le phosphore est actuellement utilisé majoritairement dans l’agriculture, mais de manière particulièrement inefficace et gaspilleuse. Une grande partie est perdue dans le processus de production des engrais, et les agriculteurs à leur tour en utilisent beaucoup plus que ce qui serait nécessaire. Les quantités en surplus se retrouvent dans les cours d’eau et les nappes souterraines. L’extraction et la transformation des phosphates elles-mêmes consomment des quantités immenses d’eau, et la retourne polluée au milieu. (Voir sur ce site article 370 sur le cas de la Tunisie.)

En conséquence, le phosphore constitue l’une des principales sources de la pollution de l’eau, et l’une des plus difficiles à remédier.

Une solution possible serait de généraliser la réutilisation du phosphore contenu dans les urines et les fèces humaines, selon les principes de l’assainissement écologique. De nombreuses expériences en cours dans le monde visent à généraliser la récupération des urines humaines et à développer des procédés pour permettre aux plantes d’utiliser au maximum le phosphore au lieu de le laisser s’écouler dans le sol et ensuite dans les eaux. La Suède fait figure de pionnière dans ce domaine.

Voir aussi ici un article du New York Times au même sujet, datant de début 2009.

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